Hey sinon vous lisez quoi en ce moment?


#3281

Tu veux que je résume les 3200 pages? :laughing: Bon pour faire très court, il est question de fin du monde/d’un cycle et du besoin de renouer avec les savoirs du passé pour survivre (ce qui implique le retour de la “magie” liée à des entités qui représentent le monde abstrait des idées et qui vivent normalement dans un monde parallèle). C’est pas hyperrrrr original mais encore une fois bien ficelé.


#3282


Bof…
Récit “de voyage” d’une petite nana française qui s’embarque en Alaska sur des navires de pêche (crabe, saumon, églefin…) et qui se retrouve dans un monde ultra-masculin très glauque à base de défonce, d’alcoolisme et de frustration sexuelle…
Elle finit par tomber “amoureuse” (je sais pas trop si c’est le mot) d’un vieux loup de mer tout couturé (de l’âme également, pensez-vous…).
On sait pas trop ce qu’elle cherche ou ce qu’elle veut fuir, ça tourne pas mal en rond, ça dépeint sans doute fidèlement l’Alaska (des potes à moi y ont fait un trekking et ça leur a semblé VRAIMENT un autre monde) mais son attitude de “tourisme du glauque” finit par la rendre presque déplaisante; c’est d’ailleurs ce que lui dit un natif améridien lors d’une de ses nombreuses soirées de beuverie triste… et c’est sans doute la parole la plus véridique de tout le bouquin…


#3283


Avec ça on se marre plus (du moins au début) tellement le mec est cynique, désabusé, lâche, à la fois mégalo et velléitaire… :laughing:
Y’a aussi de la profondeur, et je sais pas encore comment ça finit, mais c’est encore une fois une bonne édition de Monsieur Toussaint l’Ouverture… :ok:


#3284

ah oui ça peut etre sympa


#3285

Je plussoie grandement. Très très déçu, alors que pourtant je suis le client type pour se genre de littérature (aventure, grand froid et remise en cause)


#3286


On me l’a offert, c’est dément, irrésistible…
Ca se “lit” pas vraiment, c’est plus un truc qu’on pose dans les chiottes et on en lit deux trois à chaque passage…
C’est hyper bien foutu.
C’est des fait divers, parfois sordides, parfois loufoques, souvent marrants, résumés en trois lignes…

Exemples:
“Jugeant sa fille (19 ans) trop peu austère, l’horloger stéphanois Jallat l’a tuée. Il est vrai qu’il lui reste onze autres enfants.” :laughing:

“Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse, rien.”
Concision géniale! 8O

A noter, les faits divers qui se passent en Bretagne ou impliquent des Bretons sont souvent à base de picole… :laughing:


#3287

Stigmatisation des Bretons, Totor, c’est mal! :laughing:

Sinon pour mes vacances, je me suis pris Les jours barbares de Finnegan. Je l’ai acheté dans une librairie de voyage qui est bien sympa: https://www.librairie-voyage.com/
Ils sont pas surfers mais ils ont quelques bouquins de surf (photos surtout) et des stormriders.


#3288


Deuxième bouquin de Steve Tesich, après “Karoo”, en peu de temps.
J’ai presque préféré au premier.
Le personnage principal est certes moins déjanté et “marrant” que Karoo, mais cette histoire d’amour entre jeunes adultes est finement menée, sur fond de drame familial lié à la maladie, d’ambiance post-industrielle en banlieue de Chicago , d’envie d’émancipation de la jeunesse (ça se passe dans les 60’s)…
Y’a un petit côté “Le lauréat”…

Bon livre.


#3289

Dévoré! Le bouquin est court court aussi, faut dire. Très littéraire en restant abordable.
Franchement le meilleur Goncourt depuis “les bienveillantes” de Jonathan Little. (1000 pages et 3 semaines de déprime, mais très bien écrit)

Franchement je conseille.


#3290

Je crois que Guillaume Galiène l’a lu durant une émission de “ça peut pas faire de mal”. Le livre semblait très bon effectivement.


#3291

Je suis en train de le lire, et je suis d’accord sur la traduction, elle n’est pas au niveau, c’est un peu dommage…
Pas tellement sur les termes techniques, d’ailleurs, qui sont plutôt bien rendus, mais sur le style…

Ce qui est intéressant, c’est que quand on le lit, on a l’impression d’être né trop tard, d’avoir loupé un “âge d’or”…
Or, ce qu’il dit, c’est que c’est le surf lui-même qui fait ça, que cette impression d’arriver toujours trop tard est consubstantielle de cette activité, de ce mode de vie, que ça a existé depuis que le surf existe…
C’est je pense assez juste…


#3292

Bon j’ai jamais trop aimé sa littérature, mais “on dit que” c’est un grand écrivain…


#3293

Portnoy quand mem,e !!! merde totor


#3294

J’ai (enfin) commencé à lire du Pynchon, pas mal sur les conseils de Grinewoud je dois dire (merci, Bro), bah c’est génial, complètement barré mais avec un immense écrivain derrière, clairement.
Kiffance.


#3295

ah tu me fais plaisir.


#3296

c’est quoi comme style?


#3297

Ca doit être rigolo y’a la voiture de Ghostbusters.


#3298

3 mois plus tard, enfin fini. C’est encore plus noir que le voyage en fait.
c’est très bien écrit, mais honnêtement à la fin je saturais un peu.
c’est donc son enfance romancée, en version misérabiliste.
puis son apprentissage à l’'étranger, la description du voyage en bateau vaut son pesant de cahouètes.
puis sa relation avec un type qui le prend sous son aile mais lui mets la misère.
toujours grotesque, hyper grossier, jamais vulgaire en fait.


#3299

inhérent vice c’est un néo polar très enfumé, conspirations et amourettes sur fond de déclin des seventies.
il change plus ou moins de style et de thème à chaque bouquin.
mais globalement les thèmes sont la culture underground, les complots ourdis par les gouvernements pour abrutir les masses, un vrai amour pour les déclassés, les “a la marge” sans que ce soit des clodos non plus, et énormément d’érudition scientifique et d’histoire, bcp d’humour et absurde, c’est à dire une torsion un peu systématique de la réalité qui vient te rappeler que tu te prends trop au sérieux.
parfois c’est un peu indigeste, souvent c’est du pur génie.


#3300

et je termine le café littéraire de cette belle matinée avec cet ouvrage

où le fait divers ne doit plus etre banal et servir à étourdir le peuple et à redonner force aux politiques mais bien plutot à rendre sens à la vie de la victime.
c’est sur l’assasinat de la jeune laetitia, qui a une vie de merde donc. père abuseur enfance quart monde, placement, et qui croise la route d’un psychopate qui la démembre.
C’est à la suite de cette affaire et sa recupération par sarko qu’il y avait eu une grosse grève des magistrats, fait rare en france.
jablonka, sociologue et historien replace superbement les choses dans leur contexte, rend un très bel hommage à laetitia sans en faire une héroine.
passionant.